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TRIBUNE LIBERTAIRE 
 
No. 1
L’apologie des pages Jaunes ou les bottes de Mr HUSS

   Appréciateur professionnel au sein du catalogue aux pages jaunes des sorties discographiques nommé Répertoire, Monsieur Christophe HUSS se présente dans ses « essayages » comme sa propre déférence. Son auto-satisfaction nous donne l’impression qu’il est enrobé par des oreilles sub-fréquentielles qui le haussent au rang de « Parangon des Maîtres à penser » du cercle intracommunautaire à caractère supposé musical.

   Même si ces prétendus dons surnaturels nous laissent croire qu’il juge ne pas avoir besoin de présenter un quelconque argumentaire, nous ne serions pas indifférents aux contributions que ses commandités et commanditaires allouent à la mise au point de leur gadget préféré, à savoir, le « talentomètre ». 

   Non, malgré tout leurs efforts, le talentomètre n’est pas une machine mais bien un recueil de recettes pluriséculaires dont les principaux condiments incantatoires sont l’idolâtrie et la haine. Le tout gisant dans une sorte de silhouette cérébrale obscure. 

Hélas, à défaut de ne pas pouvoir ressusciter leurs idoles, ils s’octroient, comme acte ultime de leur nécromancie, le droit de vie et de mort sur l’expression artistique et l’aventure humaine qui l’accompagne. 

   Leur cortège nous propose inlassablement l’achat des bouquets funèbres à leur messies imaginaires, ces initiateurs qui n’ont pas su être éternels malgré l’autosuggestion qui les entourent. Ce marchandage, quand il ne réussi pas, vient étouffer par défaut toute initiative autre. Les perversions du système actuel leur permettent de dire leur droit et d’établir un permanent ratio entre le Prix des réclames et les Prix décernés. Ainsi, en essayant de renouveler le mythe ils ne font que l’affaiblir. 

   Cette confusion entre connaissance et reconnaissance nous amène a une question fondamentale. Pourquoi rien n’a changé depuis que les anciens gestionnaires d’état avaient pris la décision qu’il faudrait attribuer à de pareils surdoués le pouvoir d’imposer à leurs sujets leur pseudo Verdict in Veritas ? Amalgamé dans la « modernité », avec la plupart des organes de presse, les Maîtres à penser n’ont strictement aucun rapport ni dans le fond ni dans la forme avec la noble profession de journaliste et la plupart d’entre eux n’ont ni la formation ni la conscience professionnelle de la responsabilité que leur est attribuée. 

   Où se trouve donc leur aptitude et leur légitimité pour exercer la difficile tâche de drainer les informations et d’informer femmes et hommes ? 

   De nos jours, je pense qu’ils cherchent un sens à leur marche, cette marche incommensurable et figée dans le désert à béton de ce monde Post-capitaliste dans lequel nous essayons de survivre. Leur but ? Surtout retrouver le bruit de leurs bottes qui ont fini par se séparer de leurs pas.

   Vivement qu’ils ne le retrouve à jamais, le bruit.

Maximianno Cobra

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