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En préliminaire, permettez-moi, de faire une dédicace
et quelques citations :
La dédicace d'abord : je dédie mon travail aux :
"imbéciles, qui, ne
sachant rien de la Franc-Maçonnerie, se
permettent d'en parler".
Ainsi que :
"Aux
imbéciles -
souvent les mêmes que les précédent(e)s - qui
s'imaginent être anarchistes, parce qu'ils-elles
se disent tel(le)s et, ne sachant en définitive
pas ce qu'est l'Anarchisme, s'autorisent à dire
qu'il est incompatible avec le Maçonnisme".
Les citations à présent :
Du F...
anarchiste Léo Campion :
"Si les Maçons anarchistes sont une infime minorité, la vocation
libertaire de la Maçonnerie est indéniable
(…) elle est la seule association à laquelle
puisse adhérer celui qui n'adhère à
rien".
Du
F...
Oscar Wirth ensuite :
"Franc-Maçonnerie, suprême École de la liberté".
"Frères, citoyens de la grande partie universelle, fidèles à
nos principes communs : Liberté, Égalité,
Fraternité, et plus logique que la Ligue des
Droits de Paris, vous, Francs-Maçons, vous
faites suivre vos paroles de vos actions. Aussi,
après avoir affiché votre manifeste – le
manifeste du cœur – sur les murailles de
Paris, vous allez maintenant planter votre
drapeau d'humanité sur les remparts de notre
ville assiégée et bombardée. Vous allez
protester ainsi contre les balles homicides et
les boulets fratricides, au nom du droit et de la
paix universelle".
Du F...
anarchiste René Valfort encore :
"Un milieu comme la Franc-Maçonnerie, dont les
principes fondamentaux sont : la tolérance, la
fraternité, la liberté de pensée, le respect
de la personne humaine, dont l'objet principal
est l'éducation des individus et la formation
d'une élite, ne peut pas être inutile au progrès
de l'Humanité. Et de cela les anarchistes, moins
que quiconque, ne doivent douter, vu l'importance
qu'ils attachent à l'éducation".
"L'Anarchisme est la passion de la Liberté mise en théories. Et
aussi en pratique lorsque faire se peut".
______________
Il n'est pas dans mon propos de disserter
en raison, c'est-à-dire d'un point de vue
philosophique, historique, psychologique
sociologique, politique…, sur la compatibilité
ou l'incompatibilité de l'Anarchisme et de la
Franc-Maçonnerie, d'autres plus compétents que
moi, illustres Anarchistes, FF...
et/ou… FF...
anarchistes l'ayant déjà fait à maintes
reprises.
Mon propos est plus modeste, plus humble. Il s'agit
seulement d'évoquer les grandes pages de cet
histoire d'amour, passionné, passionnel et
passionnant , entre l'Anarchisme et la Franc-Maçonnerie,
histoire nourrie du vécu de grand acteurs de ces
deux mouvements mais, aussi et sans doute
surtout, d'individus dont l'anonymat est la
marque de leur honnêteté,
ce terme étant pris dans son acception du XVIIème
siècle.
Anarchisme et Franc-Maçonnerie sont deux courants
de pensée et deux mouvements d'action qui
s'inscrivent dans l'humanisme, lequel est né
avec la premier humain ayant pris conscience de
ce qu'il-elle pouvait naître à son humanité
s'il-elle en faisait librement le choix.
Dans les deux cas, à l'origine, il y a nécessairement
un choix, le choix de s'engager. Les engagements
anarchique et maçonnique sont scellés par la
liberté : la liberté du choix de l'individu
d'abord qui, un jour, décide d'entrer
en anarchisme ou en Franc-Maçonnerie –
voire, en l'un ET en l'autre - ; la Liberté
ensuite, avec un grand "L",
constitutive à la fois de l'humaine
condition : l'humanité par différenciation
d'avec le non-humain, le pré-humain, l'a-humain,
l'in-humain, du projet anarchique et maçonnique
: la libération des individus et de la Société
humaine et, enfin, de la fin anarchiste et maçonnique
: l'achèvement de l'humanité, c'est-à-dire
l'avènement d'une Société véritablement
humaine.
Ayant la même devise – Liberté – Égalité –
Fraternité -, Anarchisme et Franc-Maçonnerie
n'ont d'autre culte que la Liberté. L'un comme l'autre sont donc sinon
anti-dogmatiques, du moins a-dogmatiques. Et
pourtant, des anarchistes et des Francs-Maçons,
amants déchirés par l'illusion que l'un(e) trompe
l'autre (?), font régulièrement dans le
dogmatisme et, usant d'ukases, de lettres de
cachets, de fatwas, de bulles…, condamnent
et… excommunient l'autre sans se rendre compte que, ainsi, ils déchirent,
trahissent, renient… leur engagement et, ainsi,
piétinent, bafouent, molestent, violentent,…
et même… assassinent la Liberté dont ils se réclament
: leur liberté mais, aussi et surtout, celle de
l'Autre, celle de l'humaine condition.
Je cite un illustre anarchiste et franc-maçon, Léo
Campion :
"Aussi est-il regrettable que des anarchistes
sectaires excommunient la Franc-Maçonnerie au
nom d'un pseudo-dogme de l'Anarchie (comme si
l'Anarchie était anti-tout alors quelles est à-tout)
et que les Maçons sous-évolués excommunient
l'Anarchie au nom d'un pseudo-dogme de la Maçonnerie
(comme si la Maçonnerie n'était que tradition,
alors qu'elle est tradition, dialogue et progrès).
Ces attitudes sont d'autant moins admissibles
qu'au contraire l'Anarchie comme la Franc-Maçonnerie,
anti-dogmatiques par essence, sont l'une comme
l'autre tout le contraire d'un dogme. Elles qui
ont en commun le culte de la Liberté et le sens
de la Fraternité, avec comme but l'émancipation
de l'Homme".
En fait, s'ils s'entendent sur le point de départ
et sur la destination du chemin,
Anarchistes et Francs-Maçons, en revanche, ne
font pas nécessairement le même choix d'itinéraire,
certains des premiers admettant le recours à
l'action illégale,
certains des seconds n'acceptant que l'action légale. Et cette différence, si elle est bien une ligne de partage
de méthodes, n'est pas véritablement une
fracture de valeurs, de principes, de philosophie,
d'éthique et, in
fine, un schisme de l'humanisme.
En effet, la légalité et l'illégalité sont des
concepts et des réalités juridiques . Elles
sont donc tributaires du Droit en vigueur et, en
définitive, de l'Autorité en place qui a le
pouvoir d'imposer SON Droit et donc SA conception
de ce qui est licite et de ce qui est illicite,
notions, elles, éthiques, philosophiques,
politiques, voire idéologiques. En la matière,
la relativité est donc… la règle : le
"ici" et le "maintenant" ne
peuvent appeler à aucun… dogmatisme quand on
se donne tant soit peu la peine de lire – et
comprendre – l'Histoire et, plus simplement, d'être
attentif à l'actualité, être curieux des us
et coutumes et que, de surcroît, on se revendique anar ou maçon !
Comment un anar ne pourrait pas se sentir chez
lui dans une Loge où, par définition, le maçon
y est un homme libre ? Et comment, un maçon,
parce que, justement, homme libre dans sa
loge, pourrait ne pas accepter un anar qui vient
librement à sa loge ?
Pourtant, les arguments avancés par certain(e)s FF...
et SS...
pour considérer que les anarchistes n'ont pas
leur place au sein de leurs loges . Je n'en
citerai que deux :
1. les anarchistes sont, par nature
et dans leurs actes, des… illégalistes
alors que, comme le recommandent les
Constitutions d'Anderson, un(e) maçon(ne), homme
libre
mais aussi… de
bonnes moeurs, de respecter la Loi ; outre
que l'accusation d'illégalisme couvre, en fait,
une imposture intellectuelle qui consiste, à
l'instar de la C.I.A. et d'Europol, à assimiler
anarchisme et terrorisme, je rappellerai que,
c'est au nom même de leur engagement maonnique,
que des maçon(ne)s parfois, et plus souvent
qu'on ne le pense, considérant qu'au-dessus des
contingences politiques, économiques,
sociales… des lois il y a des lois
universelles, comme celles des Droits des
humains, désobéissent à la Loi. Je donnerai
trois exemple de désobéissance maçonnique : un
ancien, les lois racistes et fascistes de Vichy ;
un plus récent, l'objection de conscience, en
particulier lors de la guerre d'Algérie et un
d'actualité, l'entêtement
à faire œuvre de fraternité en portant
assistance aux demandeurs d'asile et, plus généralement,
aux sans
papiers alors que, désormais, l'acte de
solidarité peut être constitutif d'un délit et
passible de prison.
2. l'apprenti(e) jure d'être dévoué(e)
à sa patrie alors que, c'est bien connu, les
anarchistes n'ont pas… de patrie puisqu'ils-elles
se disent internationalistes. Là encore, il
s'agit d'une grossière erreur, délibérée ou
involontaire, par ignorance : les anarchistes ne
sont pas des internationalistes mais des…
anationalistes et leur patrie est… l'humanité.
L'humanité, une et indivisible, sans considération
de nationalité et, bien entendu, de race,
de sexe, de métier…, dont le dévouement
envers laquelle relève d'un patriotisme bien
particulier… la fraternité !
Différence de méthode ai-je dit ; une différence
d'action dans et sur le monde profane. Mais cette
différence disparaît, s'évanouit au
franchissement de la porte du temple puisque,
ensemble, FF... et SS...,
anarchistes ou non, travaillent ensemble en toute
liberté, en pleine égalité, en véritable
fraternité.
Les chroniques de l'Histoire comme les archives des Obédiences,
du moins pour celles qui ne revendiquent pas
une… régularité
dont, soit dit en passant, on peut s'interroger
sur sa conformité avec le principe de Liberté
constitutif de la F...
M...
, du
maçon comme celle de l'humain, attestent de ce
que, de la seconde moitié du XIXème siècle à
la fin de la première moitié du XXème,
quasiment TOUS les grands
noms de l'Anarchisme et de
l'Anarcho-syndicalisme, sont ceux de FF... et de SS....
[J'ai à votre disposition une liste d'autant
plus impressionnante qu'elle est loin d'être
exhaustive [2].
A la différence des marxistes-léninistes, des
trotskistes,
des maoïstes…, les anarchistes n'ont jamais
fait dans l'entrisme. Il ne viendra donc à l'idée
de personnes que les anarchistes qui sont entrés en maçonnerie l'ont fait par entrisme, pour la phagocyter.
Considérant que la F...
M...
n'est ni un lobby
– politique, économique, social…, pour
ne pas dire affairiste, voire maffieux -, ni le
tremplin d'aspirations personnelles de pouvoir,
de renommée, de prestige, d'avantages divers et
variés…, personne ne considérera non plus que
l'engagement maçonnique des anarchistes obéissait
à un intérêt… intéressé.
De telles idées seraient d'ailleurs d'autant
plus fallacieuses que, souvent, l'engagement
anarchiste est la résultante – la conséquence
logique, l'achèvement – de l'engagement maçonnique.
Inversement, quand on connaît le prix à payer de
l'engagement anarchiste, personne ne supposera
que les maçons qui sont entrés
en anarchisme l'ont fait par intérêt… intéressé
!
A ce sujet, j'ouvre une parenthèse pour poser une question
: aucun anarchiste n'a adhéré à la
Charbonnerie alors que de nombreux FF...
(à cette époque, il n'y avait pas de SS...)
l'ont fait et ce, bien que la Charbonnerie fût
constituée pour… renverser la Loi par des méthodes…
illégales. D'où ma simple question : pourquoi ?
Est-ce à dire que, depuis la seconde moitié du XXème siècle,
sinon l'absence, du moins la rareté de grands noms de l'Anarchisme au sein de la F... M...
signifieraient que les anarchistes, délibérément
ou non, aient décidé de ne plus entrer
en F... M...
ou même de la déserter ? Non, cette présence
anarchiste au sein de la F...
M... est toujours bien vivante, réelle mais elle est
plus… discrète pour plusieurs raisons :
1. d'abord
parce que, tout simplement, de nos jours, il y a
moins de grands noms anarchistes qu'auparavant, non pas parce qu'il n'y a
plus de grands
anarchistes mais parce que le mouvement
anarchiste n'est plus géo-centré mais réparti
sur l'ensemble du globe et que, au local (dans
tel ou tel pays, voire dans telle ou telle région),
les anarchistes fortement investi(e)s dans leur
action, nécessairement locale, n'ont plus le
temps de rayonner
au plan international (ou même national) ;
2. ensuite
parce que bon nombre de grands
noms de l'anarchisme sont ceux d'auteur(e)s
(comme, par exemple, Noam Chomsky) et/ou de
militant(e)s qui vivent dans des pays où les obédiences
irrégulières sont elles-mêmes inexistantes ou marginales quand les obédiences régulières,
comme cela été le cas au XIXème siècle
refusent d'accueillir les anarchistes parce ce
qu'ils-elles ne sont pas de bonnes
mœurs mais, au contraire, d'un athéisme
fort… mécréant ;
3. mais
également parce, davantage tirés vers l'action
que la réflexion – le corpus de la théorie
anarchiste étant fort riche – beaucoup
d'anarchistes préfèrent, désormais s'investir,
dans des O.N.G. (L.D.H., M.R.A.P., Amnesty
International, Green Peace…), des associations
de proximité (Centres sociaux, Maisons de
Quartier, Comité de Quartier, M.J.C…), des
actions-expérimentations (squats en
particulier)… ;
4. enfin,
parce que, sauf circonstances exceptionnelles,
l'engagement maçonnique d'un individu lambda
n'emporte pas nécessairement la révélation
et/ou la promotion
de son engagement anarchiste (en ajoutant,
naturellement, et… réciproquement !).
Entre eux-elles, les
maçon(ne)s s'appellent frères
et sœurs ; cela ne gêne aucunement un anarchiste maçon d'appeler
ainsi celui-celle qui, dans le monde profane, est
juge, policier, patron… car, outre que, se
refusant à considérer que la carte fait le
territoire et que, à cet instar, l'institution,
la fonction, le titre, la classe…et, en
somme…. le hasard de la naissance, font – ou
défont – l'individu, l'anarchiste, comme le maçon,
voit en tout individu ce qui échappe à
l'aveuglement ou l'ignorance de certain(e)s :
l'humain, c'est-à-dire à la fois l'humanité
qu'il partage, malgré leurs différences, même
si celles-ci sont, parfois, oppositionnelles, et
l'être humain en lequel il se reconnaît
fraternellement, en dépit d'éventuelles
dissemblances du paraître, et même si cet autre
n'est pas véritablement libre, à raison, par
exemple, de son aliénation.
Entre eux, et notamment dans leurs actes et propos publics,
les anarchistes s'appellent compagnons et
compagnonnes [3].
Pour deux raisons essentielles : d'abord, parce
que ce terme renvoie au compagnonnage [4] des métiers, manière de
s'ancrer dans la tradition ouvrière et
d'affirmer son statut de… prolétaire et,
ensuite, parce que ce terme, du latin populaire
"companio" et du latin classique
"cum" et "panis", signifie
celui-celle avec le-la-quel-le on partage le
pain, c'est-à-dire… la vie. S'agissant de ce
second motif, quel plus beau
symbole de la fraternité que celui du partage du
pain ? quel(le) maçon(ne) ne se retrouve pas
dans cette symbolique ? ne peut-on considérer
que, d'une certaine manière, pour ne pas dire
d'une manière certaine, le terme de
compagnon(ne) est la version… profane de celui
de frère-sœur, même si, en dehors de la scène
publique, les anarchistes n'hésite pas à se
donner du frère
et de la sœur.
Le partage de la vie… Les anarchistes sont des amant(e)s
passionné(e)s de la vie. La vie qu'ils-elles
aiment à en mourir quand c'est là le prix à
payer pour rester debout, autrement dit libre et
donc… humain ou bien encore pour la liberté
d'un(e) autre. Les anarchistes aiment la vie avec
passion et pourtant leur drapeau est… noir car
:
[…] Pourquoi ce drapeau
teint en noir ?
Est-ce une religion suprême ?
L'homme libre ne doit avoir
Pour penser nul besoin d'emblème !
- L'anarchiste n'accorde pas
A ce drapeau valeur d'idole,
Tout au plus n'est-ce qu'un symbole,
Mais en lui-même il porte son trépas
Car annonçant la fin des oripeaux
Il périra comme tous les drapeaux.
En Anarchie où régnera la Science,
Pour tout drapeau, l'homme aura sa conscience.
[Extrait du Chant du
drapeau noir, Chanson de Louis Loréal (1922)]
ou bien encore :
[…]
Les anarchistes
Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier
Qu'y'en a pas un sur cent et qu' pourtant ils
existent
Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras
dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours
debout
Les anarchistes
(Extrait de Les Anarchistes, paroles et musique
de Léo Ferré, 1966]
Au fait, avez vous remarqué que le fond des bannières maçonniques,
malgré la lumière,
voire les dorures de leurs décors est quasiment
toujours… noir ?
Les médias ont fait des gorges chaudes sur les affaires
qui ont impliqué des maçon(ne)s, sachant que
les errements de quelques individus n'ont pas
manqué d'être utilisés pour armer le bras de
la croisade anti-maçonnique, née, comme de bien
entendu, avec la F...
M...
elle-même. Il a existé, il existe et
il existera de mauvais(es)
maçon(ne)s donc, mais quelle société humaine,
quel groupement d'individus peut se targuer d'être
exempt de faux-frères
et fausses-sœurs
; le mouvement anarchiste, dans sa dimension
organisationnelle ou sa forme individualiste,
compte aussi de faux
compagnons et de fausses
compagnonnes ? Cette similitude qui existe en
matière d'hiatus entre la déclaration de
principe – la revendication de l'identité maçonnique
ou anarchique – et les propos tenus et,
surtout, les actes posés, n'est-elle pas une
passerelle de rapprochement entre les tenant(e)s
de l'opposition irréductible entre Anarchisme et
F...
M... ? Un rapprochement, non de compromis – et encore
moins de compromission -, pas même une paix
des braves, non, juste le partage d'un
questionnement :
Pourquoi, depuis l'aube des temps, les plus beaux
idéaux et, notamment, ceux s'inscrivant dans la
tradition et le mouvement humanistes,
invariablement, finissent toujours par être salis
par certain(e)s d'entre ceux et celles qui s'en
revendiquent ?
______________
ANNEXE
Remarque
préliminaire
Il ne s'agit pas de développer ici un argumentaire,
historique, philosophique, politique…, sur la
compatibilité, voire la longue "histoire
d'amour", entre Anarchisme et Franc-Maçonnerie,
anarchiste et maçons mais de donner quelques
points de repères, quasi exclusivement tirés de
"Le drapeau noir, l'équerre et le
compas" de Léo Campion [5].
I
– Citations
-
"Si
les Maçons anarchistes sont une infime minorité,
la vocation libertaire de la Maçonnerie est
indéniable (…) elle est la seule association
à laquelle puisse adhérer celui qui n'adhère
à rien". Léo Campion.
-
"Aussi
est-il regrettable que des anarchistes
sectaires excommunient la Franc-Maçonnerie au
nom d'un pseudo-dogme de l'Anarchie (comme si
l'Anarchie était anti-tout alors quelles est
à-tout) et que les Maçons sous-évolués
excommunient l'Anarchie au nom d'un
pseudo-dogme de la Maçonnerie (comme si la Maçonnerie
n'était que tradition, alors qu'elle est
tradition, dialogue et progrès). Ces attitudes
sont d'autant moins admissibles qu'au contraire
l'Anarchie comme la Franc-Maçonnerie,
anti-dogmatiques par essence, sont l'une comme
l'autre tout le contraire d'un dogme. Elles qui
ont en commun le culte de la Liberté et le
sens de la Fraternité, avec comme but l'émancipation
de l'Homme". Léo Campion.
-
"
(...) on peut être juif, chrétien (même de
gauche), bouddhiste, zen, abonné au gaz,
unijambiste, aveugle et Franc-Maçon. Sauf d'extrême-droite.
Ce n'est pas que les gens d'extrême-droite
n'aimeraient pas être Francs-Maçons. Ce sont
les Francs-Maçons qui n'en veulent pas. C'est
comme ça, on ne discute pas. La tolérance des
maçons s'arrêtent où commence le mépris déclaré
des autres [6]".
Michel Noiret.
-
"L'Anarchisme
est la passion de la Liberté mie en théories.
Et aussi en pratique lorsque faire se
peut". In Dictionnaire universel de la
Franc-Maçonnerie.
-
"Franc-Maçonnerie,
suprême École de la liberté". Oscar
Wirth.
-
"A
la recherche d'une nouvelle morale, la Maçonnerie
a pour méthode : l'anarchie dans l'Ordre et le
refus des Institutions par l'acceptation des
Rites". In rapport présenté au Convent
du Grand Orient de France en 1973.
-
"Quel
libertaire n'y souscrirait pas [à l'article
premier de la Constitution du Grand Orient de
France[7]
? Quelle contradiction y pourrait-il trouver
avec l'Anarchie ? Pour les Anarchistes, comme
pour les francs-maçons, le dénominateur
commun est l'homme. Anarchisme et Maçonnerie
sont basés tous les deux sur une morale du
comportement de l'homme. Tous deux prétendent
à l'universalité. Tous deux associent, complémentairement
et harmonieusement, l'individu au social".
Léo Campion.
-
"Précisément,
la démence de ceux qui ne comprennent pas
l'anarchie provient de l'impuissance où ils
sont de concevoir une société
raisonnable". Francisco Ferrer.
-
"La
Maçonnerie trouve dans ses traditions un idéal
moral que je crois supérieur à celui des
religions ; cependant, si les Maçons disaient
qu'il y a parmi eux plus de vertu effective,
c'est-à-dire moins de défaillances que dans
un groupe quelconque d'honnêtes gens, nous
serions les premiers à rire d'une si
outrecuidante sottise". Pierre Tempels.
-
"
(…) anarchistes et francs-maçons ont aussi
en commun d'être victimes de tous les
dogmatismes, tant politiques que religieux.
Bulles pontificales et encycliques condamnant
la Franc-Maçonnerie se sont succédé depuis
1736 jusqu'à nos jours. Tsarisme, stalinisme,
fascisme, hitlérisme, franquisme, démocraties
populaires, nationalismes africains, dictatures
sud-américaines ont de commun avec l'Église
la mise à l'index des francs-maçons et a
fortiori des anarchistes". Léo Campion.
-
"La
nature n'a fait ne serviteur, ni maître, je ne
veux donner ni recevoir de lois". Diderot.
-
"La
véritable notion de propriété entraînant le
droit d'us et d'abus, jamais un homme ne peut
être la propriété d'un souverain, un enfant
la propriété d'un père, une femme la propriété
d'un mari". Diderot.
-
"J'expose,
je propose, je n'impose pas". Emile
Armand.
-
"Ce
qui est au-dessus des bornes de l'esprit humain
est ou chimère ou inutilité, Dieu ne pouvant
être que l'une ou l'autre de ces choses, dans
le premier cas je serai un fou d'y croire, un
imbécile dans le second". Donatien
Alphonse François, marquis (puis comte) de
Sade.
-
"Ce
n'est jamais dans l'Anarchie que les tyrans
naissent ; vous ne les voyez qu'à l'ombre des
lois ou s'autoriser d'elles. (…) La plus
grande somme de crimes se trouve toujours sous
le manteau de l'autorité". Donatien
Alphonse François, marquis (puis comte) de
Sade.
-
"Donnons
au monde l'exemple d'une tolérance savante et
prévoyante ; mais, parce que nous sommes à la
tête d'un mouvement, ne nous faisons pas les
chefs d'une nouvelle intolérance; ne nous
posons pas en apôtres d'une nouvelle religion,
fût-elle la religion de la logique, la
religion de la raison". Pierre-Jospeph
Proudhon [8].
-
"Être
gouverné, c'est être à chaque opération, à
chaque transaction, à chaque mouvement, noté,
enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé,
cotisé, licencié, autorisé, apostillé,
admonesté, empêché, réformé, condamné, déporté,
sacrifié, vendu, trahi et, pour comble, joué,
berné, outragé, déshonoré. Voilà le
gouvernement, voilà sa justice, voilà sa
morale". Pierre-Joseph Proudhon.
-
"Anarchie,
ô porteuse de flambeaux". Laurent
Tailhade.
-
"le
dernier terme, le but suprême de tout développement
humain, c'est la liberté". Michel
Bakounine.
-
"Tout
pouvoir politique, quelles que soient son
origine et sa forme, tend nécessairement au
despotisme". Michel Bakounine.
-
"tant
qu'il n'y aura point d'égalité économique et
sociale, l'égalité politique sera un
mensonge". Michel Bakounine.
-
"Pour
devenir un corps vivant et utile, la Franc-Maçonnerie
doit reprendre sérieusement le service de
l'humanité. Mais quelle signification ont
aujourd'hui ces mots, servir l'humanité ?
Serait-ce protéger les innocents et les
faibles, soigner les malades, nourrir et
habiller les indigents, donner l'instruction
aux enfants pauvres ? Toute ces œuvres sont
infiniment respectables et, comme application
pratique de l'humaine fraternité, elles font
partie, plus ou moins, dans la mesure de la
capacité de chacun, des devoirs, non seulement
d'un vrai Franc-Maçon mais encore de tout
homme qui n'est point étranger au principe de
la charité ? Pourtant si la Franc-Maçonnerie
n'avait d'autre but que de les exercer, il n'y
aurait aucune différence entre elle et ces
innombrables corporations religieuses qui,
elles aussi, n'avaient point d'autre but que
l'exercice de la charité ! L'immense différence
qui la sépare de ces institutions religieuses
se manifeste uniquement par l'esprit dans
lequel la Franc-Maçonnerie d'un côté et les
corporations religieuses de l'autre distribuent
leur instruction et leurs secours. Ces dernières
ont pour but absolu et final la gloire de Dieu
encore plus que l'allègement des souffrances
humaines, le triomphe de l'esprit religieux, la
soumission de l'homme sous le joug divin et,
par conséquent, sous celui de l'Église et de
toutes les autorités temporelles sanctionnées
par l'Église. Avec comme conséquence nécessaire
la déchéance et l'abdication de la raison
humaine, de la volonté humaine, la négation
de toute liberté, l'esclavage. La Franc-Maçonnerie,
au contraire, pour peu qu'elle veuille rester
fidèle à sa destination première, doit
vouloir l'émancipation complète de l'homme,
l'établissement de l'humanité par la liberté
sur les ruines de toute autorité". Léo
Campion d'après Michel Bakounine.
-
"Et
maintenant choisissons :
Symbolisme théologique Symbolisme
maçonnique
Divinité
/ Humanité
Révélation
/ Raison
Privilège
/ Egalité
Charité
/ Solidarité
Grâce
/ Justice
Sujétion
/ Liberté
Léo
Campion d'après Michel Bakounine.
-
"Nous
avons maintenant notre Erostrate. C'est
l'individualiste Multatuli. Il attaque tout ce
qui est sacré aux hommes. Il prône la plus
perverse des morales. Il bouscule et foule aux
pieds tout ce que la nation a appris à aimer
et vénérer. Il nie Dieu, la Bible et l'Evangile.
Il nie l'existence de l'âme, l'immortalité et
le Salut et ne reconnaît pour unique déité
que son propre moi". Un journal de La Haye.
-
"Nous
sommes un noyau d'avancés. Nous ne nous
entendons pas sur tout, mais nous sommes tous
pour la Révolution". Jules Vallès.
-
"Si
au début les Francs-Maçons n'ont pas voulu
agir, c'est qu'ils tenaient à acquérir la
preuve que Versailles ne voulait entendre
aucune conciliation. Ils sont prêts,
aujourd'hui, à planter leurs bannières sur
les remparts [9].
Si une seule balle les touche, les Francs-Maçons
marcheront d'un même élan vers l'ennemi
commun [10]".
Louis Thirifocq.
-
"Frères,
citoyens de la grande partie universelle, fidèles
à nos principes communs : Liberté, Egalité,
Fraternité, et plus logique que la Ligue des
Droits de Paris, vous, Francs-Maçons, vous
faites suivre vos paroles de vos actions.
Aussi, après avoir affiché votre manifeste
– le manifeste du cœur – sur les murailles
de Paris, vous allez maintenant planter votre
drapeau d'humanité sur les remparts de notre
ville assiégée et bombardée. Vous allez
protester ainsi contre les balles homicides et
les boulets fratricides, au nom du droit et de
la paix universelle". Félix Pyat [11].
-
"Si
un pouvoir quelconque pouvait faire quelque
chose, c'était bien la Commune composée
d'hommes d'intelligence, de courage, d'une
incroyable honnêteté et qui avaient donné
d'incontestables preuves de dévouement et d'énergie.
Le pouvoir les annihila, ne leur laissant plus
d'implacable volonté que pour le sacrifice.
C'est que le pouvoir est maudit et c'est pour
cela que je suis anarchiste". Louise
Michel.
-
"…Il
n'est pas de sauveurs suprêmes, Ni Dieu, ni César,
ni tribun…". Eugène Pottier.
-
"ornés
de la croix ou du Drapeau, les catéchismes se
valent". Elisée Reclus.
-
"La
diversité des traits qui s'entremêlent à la
surface du globe – crêtes et vallées,
serpentines des eaux, lignes des rivages,
sommets et profondeurs, roches superposées –
présente une image qui n'est pas le chaos,
mais au contraire, pour celui qui comprend, un
ensemble merveilleux de rythme et de beauté"
[12].
Elisée Reclus.
-
"Louise
Michel avait été aussi condamnée pour vol.
Louise Michel qui donnait littéralement son
dernier châle ou son manteau à un indigent et
que l'on ne peut jamais décider pendant son
emprisonnement à prendre une nourriture
meilleure parce qu'elle donnait toujours à ses
codétenus ce qu'on lui envoyait". Pierre
Kropotkine.
-
"Il
y a longtemps que j'aurais été des vôtres,
si j'eusse connu l'existence des Loges mixtes,
mais je croyais que, pour entrer dans un lieu
maçonnique, il fallait être un homme. Selon
moi, devant le grand idéal de liberté et de
justice, il n'y a point de différence d'hommes
et de femmes ; à chacun son œuvre" [13].
Louise Michel.
-
"Le
Vénérable, les Officiers et les Membres de la
Loge n° 3, la Philosophie sociale, ont la
douleur de faire part à tous les Francs-Maçons
de la perte cruelle qu'ils viennent de faire en
la personne de leur Sœur Louise Michel".
Faire part de la Loge la Philosophie sociale.
-
"En
sortant de ses ateliers mystiques pour porter
sur la place publique son étendard de paix,
qui défie la force, en affirmant en plein
soleil les idées dont elle gardait les
symboles dans l'ombre depuis des siècles, la
Franc-Maçonnerie a réuni au nom de la
Fraternité la bourgeoisie laborieuse et le
prolétariat héroïque… Merci à elle. Elle
a bien mérité de la République et de la Révolution".
Jules Vallès.
-
"Dans
le domaine de la pensée, personne n'a le droit
de dire à la mienne : tu n'iras pas plus
loin". Jules Vallès
-
"(…)
Il semble encore loin, ce temps de l'anarchie
– Mais si loin soit-il, nous le pressentons !
(…)"[14].
Paul Paillette.
-
"Laissez
l'enfant faire lui-même ses découvertes,
attendez ses questions, répondez-y sobrement,
avec réserve, pour que son esprit continue ses
propres efforts, gardez-vous par-dessus tout de
lui imposer des idées toutes faites, banales,
transmises par la routine irréfléchie et
abrutissante". Paul Robin.
-
"(…)
[en raison de ses ] idées subversives au point
de vue social et néfastes au point de vue de
la défense du pays (…)". Extrait de la
décision prise en Conseil des Ministre de
radier Paul Robin de ses fonctions de Directeur
de l'orphelinat de Cempuis.
-
"M.
Robin, directeur de la porcherie municipale de
Cempuis, a été exécuté hier en plein
Conseil des Ministres. C'est l'effondrement du
système pornographique de la co-éducation des
sexes". Extrait d'un article du journal,
clérical et antisémite, "Libre
Parole".
-
"J'ai
eu cette naïve idée qu'on peut transformer l'Église
et la pousser dans la voie du progrès. J'eus
encore une autre naïveté, celle de croire
qu'on pouvait réformer l'État dans un sens
large et bienfaisant. Je sens bien maintenant
que je n'ai rien à faire ni avec l'Église, ni
avec l'État". Domela Nieuwenhuis.
-
"Le
Frère Laurent Tailhade, dont le zèle maçonnique
est infatigable". Bulletin maçonnique n°
144 de mars 1892.
-
"Ô
Commune splendide, ô toi qu'on injurie, - Tu
vis sur tes remparts, - Insignes rayonnants, la
Franc-Maçonnerie – Planter ses étendards".
Eugène Pottier.
-
"Tu
fus un grand lutteur et tu fus un grand Sage
– Tu semas le bon grain par beaux et mauvais
temps – Qu'il me soit donc permis de rendre
cet hommage – u père spirituel de mes
lointains vingt ans". Charles d'Avray
(pour les 80 ans de Sébaste – Sébastien
Faure).
-
"Dreyfus,
en tant que capitaine, est mon ennemi et je le
combattrai. Victime de la lutte absurde de
races à laquelle nous assistons, il me devient
sympathique et je prends sa défense au nom de
l'humanité". Sébastien Faure.
-
"La
raison n'est pas une inspiration directe de
Dieu, ou d'un dieu, mais une simple fonction de
l'organisme animal ; la recherche de la Vérité
n'est pas la recherche d'un seigneur, c'est
l'orientation dans les voies intellectuelles
libres. La raison n'admet que l'évidence contrôlée
scientifiquement. Les professeurs rationalistes
peuvent faciliter la voie de la connaissance,
mais ils ne prétendent ni détenir, ni
monopoliser la vérité absolue".Francisco
Ferrer y Guardia [15].
-
"Notre
devoir, mes Frères, est de travailler pour
aider l'évolution naturelle des sociétés
humaines de façon que la liberté devienne
sans cesse de plus en plus grand".
Augustin Hamon.
-
"laissez
les enfants librement croître, librement se dépenser,
librement apprendre, librement vouloir et vous
ferez une humanité forte, raisonnable,
intelligente, morale. Et vous aurez aidé
ainsi, conformément aux principes de notre
Ordre, à l'amélioration de l'individu, au
perfectionnement de l'espère". Augustin
Hamon.
-
"Tant
que l'Etat existera, pas de liberté ; quand règnera
la liberté, il n'y aura plus d'État".
Montehus.
-
[Question
: est-ce que la qualité d'anarchiste est
compatible avec celle de franc-maçon et
pourquoi] : "1 - Que je sache, la tâche
fondamentale de la Franc-Maçonnerie est la
recherche de la vérité, c'est-à-dire des
solutions autant que possible justes, exactes
et fécondes, des problèmes philosophiques,
sociaux, économiques et autres. Il y a deux façons
de faire ces recherches : la façon
individuelle (travaux scientifiques personnels,
études en chambre, lectures, essais de
laboratoires, etc.) et la façon collective
(conférences, discussions, débats
contradictoires, etc.). Toutes les deux sont
bonnes ; elles se complètent mutuellement et
le mieux placé est le chercheur qui peut faire
usage de l'une et de l'autre. L'association de
la Franc-Maçonnerie offre à ses membres les
moyens de recherches collectives. Je crois que,
dans son genre, elle est la seule. Et j'ajoute
que non seulement elle effectue ces recherches,
mais, par ses méthodes elle les rend, en même
temps – elles-mêmes et les résultats –
accessibles à un grand nombre de personnes,
elle les popularise. Sans aucun doute, la
poursuite d'une telle tâche n'est pas
incompatible avec la qualité d'anarchiste.
J'estime, au contraire, qu'il est très utile,
pour un anarchiste, d'étendre quelque peu les
cadres de son milieu et de son action
habituels, de croiser quelque peu les cadres de
son milieu et de son action habituels, de
croiser ses opinions et ses vérités avec
celles des autres. Cela lui est utile car il
trouve ainsi une bonne occasion de vérifier,
d'éprouver et de consolider ses convictions.
En même temps, c'est très utile pour les
autres et pour la cause entière, car l'idée
anarchiste y trouve une occasion de plus de se
faire connaître sous son vrai jour, de se
faire examiner, comprendre, estimer… La
Franc-Maçonnerie – je parle de la Franc-Maçonnerie
française que je connais un peu – est avant
tout un cercle philosophique de libres
penseurs, de libres chercheurs. L'activité
collective des Francs-Maçons les incite tous
à réfléchir, scruter, à estimer l'opinion
d'autrui, à aimer la vérité, à la
proclamer, à l'appliquer… A mon avis,; il
convient parfaitement à un anarchiste de
participer à cette activité, au même titre
que de faire partie d'une association musicale,
littéraire, artistique ou du même genre. 2
– Il existe d'autres tâches que la Franc-Maçonnerie
s'impose, telles que, par exemple : l'éducation
morale et sociale de l'individu, la poursuite
d'un idéal élevé (liberté, égalité,
fraternité véritables), la pratique de la
solidarité, etc. Personnellement, je m'intéresse
surtout à la tâche désignée plus haut. Mais
chaque membre de l'association est libre de
s'intéresser et de s'attacher de préférence
à une autre tâche. Séparément, ou dans leur
ensemble, celles-ci ne sont nullement
incompatibles avec la qualité d'anarchiste.
Pour conclure, j'affirme catégoriquement que,
pour ma part, je ne trouve absolument rien,
dans les principes ou dans l'activité de la
Franc-Maçonnerie, qui serait incompatible avec
ma qualité d'anarchiste. Et j'estime que tout
anarchiste cherchant à s'éduquer lui-même
d'une façon plus vaste et aussi à collaborer
à l'éducation des autres, devrait faire
partie de cette association. Il y gagnerait et
sa cause y gagnerait également". Voline.
-
"Avec
un total désintéressement, Hem Day a tenté
de rénover la société à partir de l'homme
et en commençant par lui-même, en payant de
sa personne et en conformant son genre de vie
à son idéal. Cette attitude maintenue avec
rigidité tout au long de sa vie est assez
exceptionnelle et assez belle pour être proposée
en exemple". Pierre Vermeleyn.
-
"C'est
parce qu'il connaissait la règle absolue que
les maçons s'imposent de respecter l'autonomie
de toute conscience qu'il acceptait d'être
parmi nous. C'est aussi par besoin d'amitié.
Marcel [Hem Day] avait voué sa vie à l'amitié
et il la manifestait sans arrière-pensée à
ceux qui ne faisaient pas de la réalité
sociale et politique la même analyse que lui,
pourvu qu'ils fussent sincères". Marthe
Vandemeulebroeke.
-
"Hem
Day est un homme de la Renaissance, égaré
parmi nous". Maurice Joyeux.
-
"Si
je préfère un individu humainement valable
qui n'est pas de mon avis à un con qui le
partage, je suis d'autant plus heureux quand
des gens pensent comme moi sur l'essentiel.
C'est pourquoi, j'aime les libertaires dans
leurs disparités (il y a par essence, bien que
dans le même esprit, autant d'anarchismes que
d'anarchistes), comme j'aime dans leurs
dissemblances mes Sœurs et mes Frères dont l'éclectisme
fait la richesse spirituelle d'une franc-maçonnerie
fraternelle et diverse". Léo Campion.
-
"J'ai
de bons amis profanes qui ne sont pas
anarchistes. J'ai de bons amis anarchistes qui
ne sont pas maçons. J'ai de bons amis qui ne
sont pas anarchistes". Léo Campion.
-
"En
Loge, on peut se dire anarchiste sans faire
sourire ou trembler, on peut défendre ses idées,
on pet surtout, prends-y bien garde, les
propager". Marius Lepage
-
"Tu
[Pierre Roggers qui considérait inco |